Laurent Fabius au bord des larmes lors de la présentation projet d’accord final de la COP21

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ÉMOTION – C’est la voix chevrotante que Laurent Fabius a présenté ce samedi 12 décembre le projet d’accord final de la COP21. Le ministre des Affaires étrangères a évoqué un texte qui “contient les principales avancées dont beaucoup d’entre nous pensaient qu’elles seraient peut être impossibles à obtenir”.

Le chef de la diplomatie française, qui a reconnu que les négociateurs avaient “beaucoup travaillé, relativement peu dormi”, en a profité pour évoquer les efforts précédents. Gagné par l’émotion, au bord des larmes, Laurent Fabius a dit :

J’ai une pensée particulière enfin pour tous ceux, ministres, négociateurs, militants, qui auraient voulu être là en cette circonstance probablement historique mais qui ont agi et lutté sans pouvoir connaître ce jour. Concrètement, le projet d’accord fixe pour objectif de “limiter le réchauffement climatique “bien en deçà de 2 degrés et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 degré” d’ici la fin du siècle, a précisé Laurent Fabius, coupé par de forts applaudissements. Cela “permettrait de réduire significativement les risques et les impacts liés aux changements climatiques”.

Il a conclu :

Le monde retient son souffle, et il compte sur nous tous.
COP21 : Laurent Fabius présente un texte d’accord mondial sur le climat Après deux semaines d’intenses tractations entre les ministres et délégations de 195 pays, le président de la COP21, Laurent Fabius, a présenté, samedi 12 décembre, le projet d’accord universel pour lutter contre le dérèglement climatique, en présence du président François Hollande et du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Avec une très vive émotion, il a annoncé la finalisation d’un « projet d’accord ambitieux et équilibré », « juste, durable, dynamique et juridiquement contraignant ». Le texte, selon Laurent Fabius, évoque les « responsabilités différenciées des pays » dans les efforts contre le réchauffement, dans cinq sujets différents. Il maintient un seuil de réchauffement « bien en deçà de 2°C », en s’efforçant de le limiter à 1,5°C. Il évoque une « nécessaire coopération sur les pertes et dommages », et fait de la somme de 100 milliards de dollars promis par les pays du Nord d’ici 2020 une somme « plancher » pour après 2020, avec un nouvel objectif chiffré défini en 2025.

« Le temps est venu de nous concentrer non plus sur les lignes rouges, mais sur les lignes vertes d’un compromis universel », a affirmé le ministre des affaires étrangères. Le texte est « le meilleur équilibre possible, à la fois puissant et délicat, qui permettra à chaque délégation de rentrer chez soi la tête haute et avec des acquis importants ». « Le monde retient son souffle », a-t-il conclu.

Trois nuits blanches de négociations

Six ans après le rendez-vous manqué de Copenhague, les intenses tractations pour limiter le réchauffement de la planète se sont achevés avec la présentation, attendue en fin de matinée, d’un projet d’accord final aux délégations de 195 pays réunies près de Paris. “Nous voici presque au bout du chemin et sans doute au début d’un autre. Le projet d’accord final qui vous est soumis ce matin doit beaucoup aux progrès accomplis ici à Paris “, a lancé Laurent Fabius à la tribune lors d’une séance plénière. “Le projet d’accord veut contenir le réchauffement “bien en-deça de 2°” et “s’efforcer de le limiter à 1,5°”, a-t-il encore annoncé, des trémolos dans la voix. “Tous ces efforts doivent maintenant trouver leur conclusion”. Quant aux 100 milliards de dollars par an promis par le Nord au Sud, ils “devront être un plancher pour l’après 2020”, a ajouté Laurent Fabius, date d’entrée en vigueur de l’accord attendu à Paris, et “un nouvel objectif chiffré devra être défini au plus tard en 2025”. Des salves d’applaudissements ont retenti après le discours du président de la COP21.
“La France vous conjure d’adopter le premier accord universel de notre histoire”. Puis, après une allocution de Ban ki-Moon, François Hollande a, à son tour, pris la parole, remerciant en préambule tous ceux qui ont œuvré à cet accord, Laurent Fabius en tête : “Tous ces efforts doivent maintenant trouver leur conclusion. Votre geste sera un acte majeur pour l’humanité. A ce stade ultime de la négociation, j’ai donc voulu être avec vous”, a lancé le président français. “Nous ne serons pas jugés sur un jour, mais sur un siècle. Vous êtes le monde”, et le “monde s’est mis en marche”. Et le chef de l’Etat de conclure son intervention par une exhortation à “faire la pas décisif” : “Il n’y aura pas de report, il n’y aura pas de sursis possible, l’accord décisif pour la planète, c’est maintenant. La France vous demande, la France vous conjure d’adopter le premier accord universel de notre histoire”.

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April 5th, 2016 by