Université Paris-VII, 02/02/2016 « Le transhumanisme devant la liberté de conscience » / Fin

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Invité, dans le cadre du colloque « Neurosciences et psychanalyse », par l’unité de formation et de recherche d’études psychanalytiques (UFR ÉΨ) de l’université Paris Diderot (Paris-VII), Daniel-Philippe de Sudres nous expose que, à l’instar de l’ampoule électrique de Thomas Edison (selon le principe de courant alternatif breveté par Nicola Tesla) qui détrôna définitivement la lampe à huile et la lampe à pétrole, lesquelles incendiaient énormément de demeures, les progrès biotechnologiques et, plus globalement, technoscientifiques actuels, que méconnait le grand public encore trop ignorant de l’état de la recherche dans les laboratoires, notamment ceux de grandes écoles scientifiques telles que l’X (l’École polytechnique, Paris-Palaiseau), vont être eux aussi irrémédiables dans l’acception d’une dialectique stricte de l’Histoire allant d’un passé de santé inconfortable vers un futur de confort de santé.
Remerciant au passage les dirigeants de l’Association française transhumaniste (AFT) qui l’ont plusieurs fois invité à s’exprimer lors de leurs congrès, il nous explique que, devant la possibilité de nous doter prochainement de semi-implants associés à des « molécules d’augmentation » qui nous permettront de remuer un membre prothétique, de voir malgré de fait d’une cécité, et autres bienfaits biotechnologiques annoncés par le courant de pensée dénommé « transhumaniste », nous choisirons forcément de nous « augmenter ».
Cependant, il nous pose la question de savoir si ce transhumanisme sera ou ne sera pas humaniste.
Il nous explique comment une discipline nouvelle, la neuroconnectique, permettra au cerveau de chacun de garder son identité devant le fait de se demander « qui suis-je » lorsque nos bras, nos yeux, notre coeur… nous auront été transplantés, réparés, « boostés ».
Il invite ses auditeurs, alors principalement chercheurs et médecins psychiatres, à plancher sur l’élaboration d’une « psychanalyse restauratrice d’identité » qui sera nécessaire à la survie psychologique des humains des décennies prochaines, lesquels, confrontés à des robots humanoïdes plus puissants, plus forts, plus rapides et plus intelligents qu’eux, seront contraints, pour la première fois de l’Histoire (notre histoire humaine sapienne) à n’être plus les uniques animaux dominants, l’unique forme d’intelligence dominante sur la planète Terre.
Il conclut en évoquant son roman Les enfants de demain (http://www.amazon.fr/enfants-demain-létrange-secret-projet/dp/2918078255/ref=asap_bc?ie=UTF8) qui démontre pourquoi (évolution darwinienne de la neurobiologie oblige) et comment (avancées de la connectique neuronale dans nos cerveaux) l’humain peut rester libre devant les biotechnologies et puissant devant les robots qui viennent, mais au prix de ne plus demeurer un humain sapiens (celui qui connait ses limites), mais de devenir un humain pertinens (celui qui dépasse ses limites).

Cette conférence fut présentée par Guy Dana (psychiatre, psychanalyste, chef de service hospitalier) et discutée par Annick Galbiati (psychanalyste, membre de l’Association « Psychanalyse et Médecine » – APM), dans le cadre du colloque « Neurosciences et psychanalyse – Les rebonds du débat » auxquels participèrent aussi, notamment : Étienne Koechlin, Évelyne Bloch-Gallego, Alain Ehrenberg… (http://www.ep.univ-paris-diderot.fr/wp-content/uploads/2015/07/PSYCHOSE-ET-INSTITION-2015-2016.pdf)

Pour nous contacter : institut-de-neuroconnectique [at] sfr.fr

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April 8th, 2016 by